lundi 15 avril 2019

Dans la cité des Doges, épisode 3 : Et comment on joue ?

Salut à toi, compañero figuriniste !

Bien que l'on reprenne une nouvelle fois le chemin de la lagune vénitienne, on va quand même écouter un truc qui n'a rien à voir, juste parce que c'est du très bon hardcore, Shai Hulud (les "vrais" reconnaîtront la référence de suite...) avec Reach beyond the sun.


Je le précise d'emblée, cet article n'a pas pour objectif de présenter les règles jusque dans le moindre détail. C'est un survol, histoire de se faire une idée, de piger la mécanique globale de la machine... afin d'orienter les éventuels joueurs. Certains passeront leur chemin en se disant "bof bof" et d'autres auront la curiosité d'aller récupérer les règles pour en savoir un peu plus.
Carnevale apparaît plutôt comme un jeu narratif. La partie raconte une histoire où chacun des joueurs a des objectifs à remplir et où les coups d'éclat sont encouragés.

"Le prince des voleurs", un des nombreux artworks officiels de Mateusz Bielsky https://nocte.artstation.com/
Les règles tiennent en une quarantaine de pages. Le jeu utilise des dés à 10 face (D10). Une partie se divise en tours. En début de partie, après le déploiement, on détermine l'initiative. Chaque joueur lance autant de dés qu'il possède de points de Commandement (les points ne sont pas défaussés pour l'occasion). Celui qui obtient le plus de résultats de 7 ou supérieur prend l'initiative. Il active alors une de ses figurines. puis l'adversaire fait de même etc, etc, jusqu'à ce que toutes les figurines sont utilisées (ou que les joueurs ne souhaitent plus en activer). On est sur une forme d'activation alternée classique. Chaque figurine ne peut être activée qu'une seule fois par tour. Une le tour achevé, on recommence avec la prise d'initiative ! Pour réussir une action lorsqu'il est activé, un personnage va lancer un nombre X de D10. X correspond à un des attributs de la figurine. On ne lance jamais plus de dix dés à la fois (et c'est déjà beaucoup !) et on lance toujours au moins un dé. Pour réussir le jet, il faut obtenir au moins un résultat supérieur ou égal au seuil de réussite de 7. Ce seuil peut être modifié par les événements, l'action tentée, l'environnement mais partez du principe que le seuil standard, c'est 7 ! parmi le ou les dés lancés, l'un deux est le dé de Destin (prenez-en un de couleur différente). Chaque succès est appelé un "As". Si un 10 est obtenu avec le dé de Destin, vous avez réussi un "coup de Maître" qui donne un avantage immédiat durant la partie. Un 1 sur le dé de destin est appelé "Maladresse" (et annule d'éventuelles réussites), et là, tu pleures... A noter que certains jets se font en opposition. Les deux joueurs lancent les dés en même temps et celui ayant le plus de succès l'emporte comme dans un combat par exemple.

Voilà pour la base. Rien que du classique. C'est simple et rapide. Rajoutez-y les Points d'Action et vous avez la base du système. En effet, à chaque tour, le joueur active ses figurines et ces dernières possèdent des Points d'Action. Prenons un exemple simple. Ce bon vieux Matteo, porteur d'une message de son maître, s'enfuit par les toits, poursuivi par ses ennemis. Il souhaite sauter de puis un toit vers une terrasse située en face de lui en ligne de vue de l'autre côté de la ruelle et située à 2 pas (5 cm). C'est un jet de Dextérité. Matteo doit obtenir deux succès ou As (un succès ou As permet de franchir 1 pas). Il possède 4 dés de Dextérité (DEX sur la fiche de personnage, voir plus bas). On lance donc quatre dés : un rouge (dé de Destin) et trois bleus (normaux).




- cas 1 : Matteo obtient un 5 avec son dé de Destin, et un 2, un 7 et un 8 avec les dés normaux. Il réussit donc son saut (deux As -> le 7 et le 8) et atterrit sans dommage de l'autre côté de la ruelle. Son déplacement est de deux pas plus deux autres pas de bonus pour deux As obtenus soit un total de 4 pas (10 cm).
- cas 2 : Matteo obtient un 10 avec son dé de Destin et un 2, un 7 et un 8 avec les dés normaux. Il réussit donc son saut avec trois As(7,8 et 10) Mais, le dé de Destin étant un 10, c'est un Coup de Maître. Matteo atterrit sur la terrasse et se déplace immédiatement de 4 pas (au lieu de deux) et d'un pas supplémentaire par As obtenu, soit un total de 7 pas (17,5 cm).
- cas 3 : Matteo obtient en 1 avec son dé de Destin et un 2, un 7 et un 10 avec les dés normaux. C'est une Maladresse avec le dé de Destin. Aïe ! Le déplacement est d'un pas (2,5 cm). Matteo se vautre lamentablement en contrebas. On calcule alors les dommages de la chute. Les pavés vont prendre cher.


Un exemple de fiche de personnage, celle du "personnel de maison" (Matteo et Razpunzel 😁 ), des Acolytes de la faction des Patriciens

Chaque personnage se définit par sa catégorie (Acolyte, Héros ou Leader) et son coût en ducats (ici 11). Une partie standard permet en général de sélectionner une bande coûtant 100 ducats (même s'il est possible de jouer avec moins). Les personnages les plus chers sont évidemment les Leaders (entre 20 et 30 ducats). Les personnage de base, les Acolytes, coûtent plus ou moins 10 ducats. Une bande est donc généralement composé de moins de 10 figurines (disons entre 5 et 10 grosso modo). On a ensuite neuf caractéristiques.
- Points d'Actions, Points de Vie, Volonté et Commandement : ce sont des points que l'on dépense / perd tout au long de la partie.
- Mouvement, Dextérité, Attaque, protection et Psyché : ces valeurs indiquent le nombre de dés utilisés pour tenter une action (sauf un déplacement classique).
Détaillons tout cela :
- Points d'Action : ils permettent de faire agir la figurine comme on l'a vu plus haut. La plupart des actions coûtent un point (sauter, effectuer une attaque...) mais certaines autres en nécessitent deux (une plongée... oui, sous l'eau, dans les canaux !). Un personnage ne peut jamais dépenser plus de trois points par tour.
- Points de vie : bon, là, pas de souci, cela représente la santé du personnage. Plus de points ? Il est mort, retiré du jeu !
- Volonté : les points utilisés pour lancer des sorts et réussir certaines actions spéciales. Ils servent aussi à ajouter un dé ou deux (contre un point ou deux) lors de la résolution d'une action.
- Commandement : les points utilisés pour donner des ordres. Une figurine peut dépenser un point pour donner un point d'action supplémentaire à une figurine amie en ligne de vue. N'oubliez pas la limite de trois points d'action par figurine et par tour. Ces points de commandement peuvent aussi servir à effectuer une action dite hors-séquence, c'est-à-dire après qu'une figurine adverse ou amie a agi (une sorte de réaction, une ORA dirait-on à Infinity). Cette action ne coûte pas de point d'action. (donc on peut aller au-delà de la limite des trois points par tour et par figurine, vous suivez ?). Troisième possibilité, ces points permettent l'utilisation, une fois par tour, de compétences spéciales de commandement indiquées par la fiche du personnage (s'il en a une). Enfin, contre un point de commandement, vous pouvez, au début de votre tour échanger une carte Exploit. J'y reviens dessous.
- Mouvement : la valeur de déplacement du personnage (attention, sur les profils, c'est exprimé en pouce).
- Dextérité : utilisée pour voir si une fig réussit son esquive. Utile aussi pour tenter des mouvements spéciaux.
- Attaque : la carac de combat. Utilisée pour tenter une attaque.
- Protection : ce chiffre représente la capacité du personnage à réduire les dégâts d'une attaque.
- Psyché : la carac utilisée pour lancer des sorts. Chaque sort ne peut être lancé qu'une seule fois par tour. Il a un seuil de difficulté et coûte des points de Volonté (pas de Psyché, attention !). Il existe cinq domaines de magie : Dévotion, Rites de Sang, Destin, Runes de la Souveraineté et Entropie. Un mage adverse peut tenter de dissiper un sort lancé grâce à un jet de Volonté en opposition. Imaginons donc un sort de difficulté 6 coûtant un point de Volonté lancé par un Mage ayant 5 de Psyché. Il se défausse d'un point de Volonté puis lance ses cinq dés. S'il obtient au moins une réussite (6+), le sort est lancé.

Le Docteur de la Peste, un des très bons magiciens du jeu !
Là aussi, on est sur du terrain connu et solide. Pas de grosse surprise. LE système a l'air classique et, à priori, avec un peu d'expérience, on prend vite le réflexe de "je fais ça, donc c'est telle carac, j'ai tant de dés avec un seuil de 7 à franchir. Hop, jet de dés !". Pas besoin de réfléchir trois heures.De même pour les réussites / échec, hormis être attentif au dé de Destin, voir si on a réussi ("j'ai un 7 ou pas ?") va assez vite.
On continue la lecture de la fiche ?
Chaque personnage possède au moins une arme (ne serait-ce que ses poings / sa mâchoire). Chaque arme a une portée (elle tire ou pas...), une précision (permet de toucher plus facilement), une pénétration (réduit la protection adverse) et parfois une capacité (un effet à appliquer comme assommant qui met l'adversaire en état "sonné", ses caracs sont réduites d'un point). On trouve aussi d'éventuelles capacités spéciales (commander) et enfin, en bas à gauche, des compétences spéciales (genre la magie... au hasard...). Ici, nos serviteurs snt "Garde du corps" et "Compagnon". Garde du corps permet à la figurine de tenter s'interposer entre son Leader et un ennemi (en gros). Compagnon permet à la figurine d'utiliser la Psyché de son Leader.

Passons aux spécificité du système ! Oui, il y en a quand même un peu !
- Les personnages : ils se répartissent en trois catégories : Leader, Héros et Acolyte. Votre bande ne peut avoir qu'un seul Leader. Le reste de la troupe ne peut pas compter plus de Héros que d'Acolyte. En gros, pour sélectionner X Héros, il faut au préalable avoir choisi X Acolytes. Rien en vous empeĉhe évidemment d'avoir plus d'Acolytes que de Héros. Enfin, certains profils sont "unique". Bon, là, ça coule de source, un seul personnage de ce type par liste.
- Le terrain : sans surprise et pour notre bonheur, le terrain est TRES important dans le jeu. Déjà, faut pas se mentir, pour l'immersion. Visuellement, le jeu a une identité forte. Ensuite, votre table doit avoir au moins un canal de 4 pouces de large sur toute la longueur d la table de 90 cm sur 90 cm. Sur ce canal, il faut au moins un gondole que peuvent utiliser les figurines (Action : ramer. Et là, je kiffe comme disent les jeunes). Il faudra aussi des cordes, des escaliers, des terrasses, des ponts... etc. Bref, c'est Venise  et vos personnages vont joyeusement gambader et sauter dans tous les sens !
Les Exploits : dans bon nombre de parties de Carnevale, les joueurs ont des objectifs à remplir pour marquer des points de victoire et remporter la partie. En plus de ces objectifs principaux, les joueurs peuvent réaliser des Exploits qui sont des objectifs secondaires et permettent de rafler des points de victoire supplémentaires. Pour bien comprendre de quoi il en retourne, prenons trois exemples : "Ambitieux" vous oblige à tuer le leader ou un Héros adverse avec l'un de vos Acolyte. Avec "Tombe aquatique" vous devez tuer un adversaire en le noyant dans une canal (oui, on peut se battre dans la flotte, j'adore !). Un dernier ? "Tenez-les au frais !", vous devez pousser / balancer / repousser deux adversaires dans un canal au cours de la partie. Plouf !

Ooooo, soooole mioooo !! Le gondolier, un personnage vénitien amblématique
Et pour -presque- finir, petite cerise sur le gâteau, il y a un système de campagne avec points d'expérience et tout le toutim. Youpi ! Petit bilan final. Malgré une certaine densité d'informations sur les fiches de personnages qui peut sembler rebutante, les règles sont relativement classiques et semblent assez fluides à la lecture. Ne pas oublier aussi que l'on ne prend que quelques figurines en main à chaque partie. Quelques petites particularités (le dé de Destin, les Exploits...) viennent pimenter l'ensemble juste comme il faut. Je suppose que même un joueur occasionnel devrait s'en sortir sans trop de problème. Par contre, il faudra un peu d'expérience pour bien maîtriser l'ensemble des nombreux profils (j'y reviendrais dans un prochain article) et s'adapter aux synergies entre Leaders (qui sont souvent des magiciens et / ou possèdent des capacités de commandement) et leurs Acolytes. Le jeu possède donc une courbe d'apprentissage qui devrait nécessiter quelques parties.

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

mercredi 10 avril 2019

Dans la cité des Doges - Episode 2 : les figurines, Matteo et Razpunzel

Salut à toi, compañero figuriniste !

Pour ouvrir l'article d'aujourd'hui et bien se mettre dans l'ambiance, c'est Messa qui nous offre une ballade de nuit sur les canaux vénitiens et dans les ruelles sombres de la ville avec le clip de she knows / Tulsi.



Deuxième billet consacré à Carnevale. On va causer figurines ! Et, plus particulièrement de deux pitoux issus du starter des Patriciens, les deux serviteurs. Serviteurs que j'ai baptisé Matteo (ça fait italien >< ) et Razpunzel rapport à ce qu'elle est armée d'une poêle... 







Alors, que dire de ces figurines ?
On est sur de la résine de très bonne qualité, souple, facile à travailler mais solide. Franchement au vu du prix (environ 5 euros la fig dans le starter), on est très loin d'un vol, au contraire ! La sculpture est fine, les figs sont vraiment réussies, sans être surchargées mais avec des détails qui vont bien (les champignons et les carottes sur la servante, c'est juste priceless). On trouve toutefois quelque rares bulles d'air mais ça se rattrape sans souci avec un peu de greenstuff liquide par exemple. Le montage, à la superglue, se fait plutôt facilement - avec concentration - malgré la finesse des pièces. L'impression a été bien pensée. Comme pour pas mal de pitoux en résine, il faudra penser à les nettoyer car il reste quelques résidus gras à certains endroits. Donc, eau tiède et liquide vaisselle ! A noter que les socles fournis ne sont pas texturés (sont tout plats quoi...). Comme on est à Venise, faut du pavé quand même ! Donc, soit tu achètes des socles texturés, soit, comme moi, tu prends tes doigts boudinés et tu te fabriques des jolis socles (avec de la carte plastique dans mon cas).

La "petite" Razpunzel, en trois morceaux. Seul le montage des bras a été délicat pour bien aligner le tout. Et encore, c'est pas parfait parfait (voir photo du dessous...). Mais c'est plus à mettre sur le fait que je sois malhabile qu'autre chose...
La fig montée. On voit la jonction au niveau du poignet gauche...

Et notre messager, Matteo... on remarque en bas à gauche de la cape quelques trous... pour le reste, la fig est nickel. On voit bien sa main droite plongeant dans le revers de sa veste pour y attraper une sorte de rouleau (dans ma tête, un message de son maître qu'il doit transmettre à un autre noble...)

Et la seconde. Non, le socle n'est pas à moitié fini, je compte juste faire deux textures différents pour donner l'impression que le personnage se déplace dans la ville

Pour finir, une petite comparaison de taille, toujours utile pour se rendre compte de la taille réelle d'une figurine...

De gauche à droite : une fig Infinity Corvus Belli / la fig Carnevale / une référence de chez Reaper aperçu dans l'article précédent / un Haut-Elfe GW. On voit bien que pour la figurine Carnevale, on est sur des proportions assez réalistes (même si le serviteur est assez élancé) et sur de la bonne qualité

Bilan : les figs sont une réussite. En tout cas, ces deux-là ! Entre temps (c'est-à-dire entre les photos et la rédaction de l'article), j'ai monté la fig d'un noble, même constat que pour les serviteurs. Quand, au cours du projet, j'aurai entre les mains les autres personnages, ils auront aussi droit à une petite analyse.
Au final, encore un atout pour ce jeu : des figs à un prix relativement raisonnable, assez originales et réussies. Bref, va chercher bonheur à Venise ! Vai a prendrere felicita a Venezia !

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

samedi 6 avril 2019

Dans la cité des Doges - Episode 1 : la génèse

Salut à toi, compañero figuriniste !

Vu qu'on va causer mysticisme et bizarrerie, on se fait un petit Tool en ouverture ? Ticks ad Leeches.
Et puis comme c'est un de mes groupes fétiches, pas besoin de justification !




En février dernier, j'ai eu la chance et le bonheur de passer quelques jours en famille dans la cité des Doges, Venise. Ce n'était pas calculé - on a pris les billets d'avion au dernier moment ! - mais ça tombait pile pour l'ouverture du Carnaval ! J'ai eu, depuis une vingtaine d'années, mon lot de voyages, ce qui m'a permis de découvrir des endroits, des personnes et des cultures différentes et passionnantes. Mais faut reconnaître, Venise, quand même... quelle claque. Cette ville, son ambiance, son architecture et son histoire en font un lieu à part. Bref, tu l'auras compris, compañero, j'ai beaucoup apprécié le séjour et suis revenu la tête (et l'appareil photo, et la valise...) pleine de souvenirs.
Et comme par un de ses signes du destin (oui, n'exagérons rien !), quelques jours après mon retour, je tombe sur ça...


J'avais vaguement suivi, il y a quelques années les déboires de Vesper-On Games avec la première mouture du jeu Carnevale. Depuis, il a été repris par TT Combat. Boooon... voilà voilà voilà... et en plus, il existe une traduction "fan-made" gratuite et téléchargeable en ligne des règles ( https://drive.google.com/drive/folders/1Zf2fPOgww6dtsVsgsILV1OQuodrei5iw )... Boooon voilà voilà voilà...
Et niveau figurines à peindre, pas de gros stocks si ce n'est deux trois Calédoniens pour Infinity. Pour SAGA Age de la Magie, j'ai de quoi faire et j'attends les règles et les premiers tests avant d'éventuellement rajouter quelques pièces. Enfin, le Kickstarter d'Okko Chronicles ne devrait pas arriver au mieux avant courant juin...
Bref, le planning est pas franchement surchargé.
Donc, BIM, craquage ! Oui, je sais, sans surprise.
 Le "pitch" comme disent nos amis au-delà de la Manche ?

Venise, début des années 1790. La ville a été préservée de la Déchirure, un puissant phénomène magique ayant coupée - littéralement - l'Italie en deux. Venise a été préservée mais se trouve désormais proche de cette Déchirure ce qui en fait une zone magiquement très active. On assiste ainsi à l'apparition de créatures thaumaturges comme les Profonds, sortis des canaux, ou des clans de vampires, la classe noble dirigeante sombre lentement dans la décadence et la violence alors que les Docteurs de l'Ospedale mènent d'étranges recherches...
 
Un jeu qui se déroule à Venise, au XVIIIe, avec la possibilité de poser sur la table des nobles décadents, des docteurs de la peste, des personnages de la Comedia dell'arte, des vampires mais aussi en utilisant de la magie, en exécutant des acrobaties, des sauts de toit en tois, j'en passe des bonnes et des meilleures, ça a tout pour plaire. Non ?
Alors, clairement, c'est plus l'aspect narratif / modélisme / ambiance du jeu qui m'attire, j'ai seulement vaguement survolé les règles (qui n'ont pas l'air très complexes et pas trop mal fichues). Au pire je les utiliserai mais je ne m'empêche pas (comme d'hab') d'aller piocher ailleurs si c'est mieux. Donc me voilà parti sur un GROS projet modélisme, une confection de table de jeu pour Carnevale (A priori, elle fera 90cm sur 90cm, plus ou moins la taille standard) et la peinture d'au moins deux starters.



Première étape, l'inspiration. J'ai été fouillé dans les photos que j'avais, histoire de voir un peu les teintes qui pourraient coller pour les bâtiments, leur disposition par rapport aux canaux etc... en plus, niveau ambiance, il se trouve que lors de notre premier jour à Venise, la ville était plongée dans la brume ce qui conférait une ambiance vraiment mystérieuse (presque mystique à certains endroits) à la cité de la lagune.





L'île de San Giorgio était presque invisible depuis la place Saint-Marc

Heureusement, le soleil s'est levé le lendemain et nous a permis de bien prendre conscience de la beauté de la cité des Doges.




Au final, les teintes seront majoritairement ocres, orangées, jaunâtres, rouges et un peu de blanc (le Vénitien aime le marbre). Cela dit, si on veut aussi faire dans le clinquant, certains bâtiments avaient leur façade entièrement peintes (apparemment c'était le cas de beaucoup de palais le long du Grand Canal... mais bon, soyons réalistes, ça va être trop difficile (et long) pour moi. Je pense qu'il faut un sacré niveau en free-hand pour envoyer ce genre de "déco" !



Et comme c'était le Carnaval, on a croisé une multitude de personnes avec des déguisements, donc certains complètement extravagants. Juste pour se faire une idée, un (petit) panel de quelques masques... ce sera toujours utile au moment de peindre les figurines.


Ensuite, les emplettes. Bon, là, c'est simple, TT Combat est mon ami (et l'ennemi de mon porte-monnaie du coup... principe des vases communicants...). Commande de quelques bâtiments et de deux starters qui me semblaient les plus emblématique de la ville de Saint-Marc : les Patriciens (les nobles décadents et syphilitiques et leurs serviteurs) et la Commedia dell'arte (avec des personnages inspirés du théâtre, logique, comme Colombine ou Pantalon). J'avoue que le gang des docteurs de l'Ospedale, trifouilleurs de neurones et de chair fraîche, me parle aussi beaucoup. Ce sera pour plus tard !


Le palazzo Magdalena, un des plus gros bâtiments de la gamme "streets of Venice" de chez TT Combat

Un autre bâtiment de bonne taille, le palazzo Lucia

Le starter des Patriciens composé de trois nobles, dont une femme, et de deux serviteurs, une cuisinière (j'adore la fig, le concept est excellent) et une sorte de messager / précepteur

Le starter de la "comedia dell'arte", avec le Capitaine Matamore et sa grosse épée, le Docteur (et sa boutanche, alcoolo le vieux toubib ? ou c'est un simple médicament ?),  Colombine et son miroir, Brighella (ou Briguelle en français, ça te rappellera peut-être des souvenirs de cours de français du collège !) et Pantaleone (aka Pantalon par chez nous)

Et donc, c'est parti, une fois la commande reçue, j'ai monté (en moins d'une heure et sans trop de difficultés) un premier bâtiment, une boutique.




C'est du bon matos. Pas mal d'éléments se clippent entre eux, limite il n'y a pas besoin de colle. J'en ai rajouté quand même, par mesure de précaution pour avoir un bâtiment solide, compte tenu du fait qu'il sera appelé à être manipulé. Je n'ai pas collé le toit pour laisser la possibilité de jouer les figurines à l'intérieur de la bâtisse.
Au final, ça donne ça avant peinture. La fig est là pour l'échelle (c'est une référence de chez Reaper pour ceux que ça intéresse :  https://www.reapermini.com/OnlineStore/Pathfinder/sku-down/60176 ). Cela dit, elle cadre pas mal avec l'ambiance, pour faire un noble ou un Dottore.



Et voilà pour cette première petite étape. Comme tu l'as compris, compañero , il va y avoir pas mal de Carnevale dans les prochains mois sur le blog !

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

dimanche 24 mars 2019

Dans le donjon : le bureau du magicien

Salut à toi, compañero figuriniste !

Aaaah ! Au secours ! Des hippies (bon, ok, pas vraiment...) dans mon donjon !! 
Oozing Wound, Hippie Speedball pour se mettre en jambes et en oreilles.



Parmi les (nombreux... trop nombreux ?) projets à long terme qui m'occupe, je constitue (lentement donc...) un donjon pour, sans surprise, faire du dungeon crawling. Si ce terme ne te dis rien, je ne peux que te renvoyer vers Wikipédia (oui, par flemme, j'avoue...) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dungeon_crawler

Je ne sais pas encore quel système j'utiliserai mais un bon vieux Heroquest fera certainement bien l'affaire !
Du coup, j'avais en stock la boîte Terrain crate, Wizard's study de chez Mantic. Comme son nom l'indique, on trouve à l'intérieur divers éléments qui permettent de meubler les couloirs et autres pièces dudit donjon (ou si tu es pointilleux limite névrosé, les décors pour ton champ de bataille). J'ai donc entamé la peinture de certains éléments, la bibliothèque, le bureau et le fauteuil plus particulièrement.





Parallèlement, l'ami Jerreck (un grand grand merci !), heureux détenteur d'une imprimante 3-D s'est fendu de l'impression de quelques plaques représentant les dalles du donjon et cinq piliers. Chaque plaque fait à peu près 9 cm / 9 cm, soit 9 dalles pouvant accueillir chacune une figurine soclée en 28mm. Et là, pour la peinture, j'ai fait dans le brutal.  Base de gris à l'aéro, pschiiit d'un gris très clair au centre de chaque dalle pour bien visualiser les différentes cases, un peu de brossage à sec sur certaines dalles, un effet humide sur les autres. En tout, c'est une douzaine de plaques qui ont été expédiées en deux heures !
Allez, rendu final (avec des photos bof par manque de luminosité).

Vue d'ensemble des plaques et de quelques décors

Les aventuriers s'approchent de l'antre du vil magos !

Dans son bureau, l'ignoble Zurkobar envoie ses séides stopper les intrus !


L'un des aventuriers fouille le bureau en quête de quelque artefact magique. "oh, un grimoire !"

Duel au sommet ! Zurkobar affronte le moine Arthos, armé de sa foi et de masse.

Et pendant ce temps-là, Daor visite la cave aux trésors tranquillou...
Voilà pour cette première livraison "donjonesque" ! Pour la suite, je prévois de peindre d'autres éléments pour meubler. Je vais aussi devoir me procurer d'autres plaques pour agrandir le bazar !

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

mercredi 13 mars 2019

Créature de l'ombre

Salut à toi, compañero figuriniste !

En ouverture musicale aujourd'hui, du old stuff comme on dit outre-Manche avec un petit Deep Purple, Strange kind of woman. Si tu es normalement constitué, dans une minute, tu fredonnes tout en tapant le rythme du pied...



Pas trop de bla-bla aujourd'hui ! Je vous balance quelques photos de ma dernière réalisation. C'est un buste au 1/12 de chez FeR Miniatures ( https://ferminiatures.com/ ) représentant Lucy, the vampire bride. En général, vampires et autres vampirettes sont représentés bien pâles et avec des couleurs plutôt fades, pastels ou passées. J'ai pris le contre-pied avec des couleurs assez chatoyantes comme si Lucy venait juste de se faire mordre et se transformer en créature de la nuit... d'ailleurs, les marques des canines sont sculptées dans son cou.
C'est toujours intéressant comme "exercice" que de peindre un buste. Premièrement, ça m'oblige à sortir de ma zone de confort. Ensuite, il faut être patient, rigoureux et appliqué (plus que pour du pitou d'armée peint à la chaîne quoi). Enfin, ça permet de se rendre compte de ses limites, des techniques que tu ne maîtrises pas, de celles où tu dois t'améliorer... au final, y'a plein de petits détails qui ne me plaisent pas mais au bout d'un moment, j'ai arrêté de m'acharner (puis faut dire que mes "talents" de photographe aident pas au rendu !). Bref, je vois ça comme une étape qui donne envie de (re)peindre du 54mm, d'autres bustes, bref de changer d'échelle, d'aller voir ailleurs que dans le 28mm afin d'essayer de faire mieux pour la prochaine fois.








En tout cas, ce buste à fait au moins une heureuse, ma fille ! Lucy trône désormais fièrement sur l'une des étagères de sa bibliothèque (oui, il y a encore des enfants qui lisent au début du XXIème siècle). 


C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

mardi 5 mars 2019

La ville caravane

Salut à toi, compañero figuriniste !

On part en voyage. Loin. Du coup, rien de tel qu'un bon morceau des Bordelais de Year Of No Light, Abbesse, B.O parfaite pour de longues pérégrinations dans des contrées sauvages.



Il y a quelques mois, un projet de financement participatif pour un "livre-univers"  de jeu de rôle, Longue-Ville, était lancé par le talentueux Guillaume Tavernier, avec l'aide de Laurent B. Et disons-le d'entrée, ce fut un projet parfaitement mené de A à Z. Les participants ont été informés régulièrement et clairement tout au long du projet, la livraison s'est faite rapidement après son annonce. Bref, du velours.



Si vous ne connaissez pas Guillaume Tavernier, sachez que le monsieur est un illustrateur (de talent) déjà responsable de plusieurs très bons ouvrages pour les adeptes d'univers med-fan, notamment Talaha, la cité des aigles ou la Seigneurie de Borth. On peut aussi citer l'excellent Artbook, volume 1 qui trône déjà fièrement dans ma bibliothèque ludique.
Pour voir la qualité du travail de l'artiste, tu cliques :
- https://guillaumetavernierblog.wordpress.com/
- https://www.facebook.com/dearchitecturart/

La couverture de l'Artbook

Dans chaque ouvrage, on retrouve le même fonctionnement avec des plans, des représentations de bâtiments (en "3D" mais dessins faits mains comme celui ci-dessous), des illustrations, des textes d'ambiance etc... bref, de parfaits outils pour un MJ mais aussi, plus simplement, un simple bonheur à feuilleter pour tout amateur de mondes imaginaires qui va se laisser emporter dans une douce rêverie ludique...


Un exemple du travail de Guillaume Tavernier
Longue-Ville, pour sa part, reprend donc ce concept de compilation de dessins, plans et autres textes. Ici, les auteurs décrivent une "ville" qui est en fait une longue  et immense caravane qui traverse le Nord du continent d'Austérion. La Longue-Ville est visuellement inspirée des cultures tibétaine et mongole avec quelques autres pincées oriantalisantes (chinoise par exemple) qui permettent de présenter en détails le peuple taganole (et sa culture), le peuple nomade maître de la Longue-Ville.


La couverture du livre plonge le lecteur directement dans l'ambiance nomade


A noter qu'au Sud du continent d'Austérion, on trouve la ville de Talaha, autre projet précédemment évoqué, et Tal'Tikur, à l'Est, une région peuplée de Gobelins et qui a aussi fait l'objet d'un ouvrage. L'auteur poursuit donc avec Longue-Ville un projet plus large, la présentation complète d'un continent med-fan dans son ensemble. Respect ! Là encore, maîtres de jeu et rôlistes apprécieront.

Austérion, un continent qui s'étoffe peu à peu

En cette fin février, le bouquin débarque donc dans ma boîte aux lettres.
C'est un bel ouvrage, bien lourd avec sa couverture rigide et ses 160 pages tout en couleurs. Avec le livre, on a obtenu des fiches A4 et A3 reprenant des personnages, des objets et des lieux symboliques de la "ville" et de son parcours au travers du Nord d'Austérion. Classe.


mon "pledge" : livre et fiches (toutes ne sont pas visibles)

Le livre se divise ensuite en dix chapitres qui présentent la caravane, son fonctionnement, la culture tanagole, les principaux personnages. L'ouvrage s'attarde ensuite sur la route suivie par la Longue-Ville, ses dangers, ses lieux emblématiques sans oublier quelques personnages importants. Le tout est systématiquement illustré de nombreux plans, dessins, textes... de l'excellent boulot. L'ouvrage s'achève sur plusieurs pages d'aide permettant la mise en place de pas moins d'une quarantaine de scénarios ainsi qu'une aventure complète. Évidement, cela demandera du boulot à un MJ motivé mais le travail est déjà sacrément mâché.

Un exemple d'illustration du bouquin
Au final, je suis très content d'avoir donné mon obole à ce projet parce que...
1 - c'est toujours sympa d'aider des artistes / sociétés de chez nous (parce que ça fait vivre notre communauté, parce qu'on peut, à l'occasion, rencontrer les auteurs / peintres / artistes).
2 - le projet a été parfaitement mené. 
3 - du point de vue de la qualité, c'est du haut niveau.
4 - Longue-Ville est un bel ouvrage. Je ne masterise plus (mais ça donne envie), ni ne joue plus (les lecteurs assidus me renverront certainement du côté des Petits Poneys mais c'est pas pareil ;-) !) mais tout de même quel bonheur de feuilleter un livre au thème aussi original, de se laisser emporter le long de la route par les chariots taganoles. On imagine un tas d'aventures, de personnages à pratiquement chaque page. Du bonheur !
A noter que l'ouvrage sera bientôt disponible dans toutes les bonnes boutiques (il est en précommande chez notre ami commun, Philibert (car oui je sais que tu commandes aussi chez lui compañero) ...

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !