jeudi 14 décembre 2017

Les entretiens d'Hastalafigurinasiempre : Minus

Salut à toi, compañero figuriniste !

Ouverture en musique pour faire plaisir à l'invité du jour qui arrive juste après !


Il y a quelques temps, je me suis dis que ce serait sympa de pouvoir discuter avec des créateurs de jeux, des illustrateurs, des peintres, histoire de causer de notre hobby, avoir des points de vue différents... j'ai donc envoyé quelques messages pour inviter des personnalités liées à notre passion à répondre à mes questions. Sur les cinq premiers contactés, tous ont répondu positivement, intéressés par la démarche et en faisant preuve de disponibilité. Un grand merci à eux !  Pour l'instant, je ne révèle pas les noms (ouais, je maintiens un peu le suspense !) mais, en théorie donc, vont se succéder ces interviews au fur et à mesure qu'elles seront finalisées.
Et, qui sait ?, si ça vous plaît, chers lecteurs, l'expérience sera reconduite.

C'est donc à Minus que revient l'honneur d'ouvrir le feu.




- Salut à toi, Minus.



- Salut Ajax !



Minus, bientôt sur toutes nos tables !
- Pour ceux qui ne te connaissent pas, tu es désormais un vétéran de notre petit monde de la figurine, hantant depuis plusieurs années des forums comme Warhammer Forum ou Warmania, et, désormais « papa » de l’extension Burn Out pour Eden et co-rédacteur de Red Button's Nation. En tant que « vieux » de la figurine, quel est le jeu qui t’as le plus marqué niveau univers ?


Ouille, c’est dur de se faire traiter de vieux d’entrée de jeu ! Haha ! J’ai commencé comme la plupart des joueurs de ma génération par les jeux Games Workshop, et j’ai mis les pieds dedans en attaquant coup sur coup avec Mordheim et 40k. J’ai assez vite enchaîné sur Battle, parce que mes amis y jouaient aussi, et c’est comme ça que j’ai englouti toutes mes économies d’alors dans des petits soldats. Niveau univers, je pense que c’est quand même 40k qui m’a le plus fait rêver à l’époque. Même si c’est à Mordheim qu’on jouait le plus, parce que le format était pratique et que le jeu en campagne avec progression de ses combattants avait un côté addictif, j’ai toujours préféré la SF, le post-apo, le futuriste en général, au médiéval fantastique. Une des périodes « hobby » de l’époque dont je garde un super souvenir, c’est lors de la campagne mondiale pour Armageddon. Je me revois encore lire les White Dwarf de l’époque, avec un bon Machine Head (ndlr : le groupe de métal qu’il est bien) en fond. On y voyait des campagnes sur cartes, des parties sur plusieurs tables, ça me vendait du rêve. Et puis cet univers désespéré est sacrément attirant, faut dire.


 
Quelques Ultramarines peints par Minus


- Tu jouais quelle faction / armée ? Pour quelle raison, l’esthétique de l’armée ? La manière de la jouer ?

Sur 40k ? Les Ultramarines. Le choix a été purement pratique, on s’est fait offrir la boîte de base (la V3, à l’époque) avec mon frère et dedans il y avait deux armées : les Eldars noirs et les Space Marines. Lui a pris les vilains Eldars, moi les Marines, je ne sais plus comment on avait choisi qui prendrait quoi à vrai dire. Quant au Chapitre, j’avais du bleu ultramarine, dont la teinte un peu cassée me plaisait (et me plaît toujours) énormément. Comme ça correspondait à la livrée d’un des Chapitres, les Ultramarines donc, ben je me suis orienté là-dessus. C’est aussi simple que ça. Pour Mordheim, c’est un peu pareil. Mon pote Golbarg avait acheté la boîte de base et comme il partait sur une bande de Répurgateurs, il m’a refilé une tripotée de Skavens dont il ne savait quoi faire. Juste après j’achetais ceux d’un autre pote, Joe, et j’avais ma bande. Pas spécialement réfléchi dans un cas comme dans l’autre, mais au final j’ai adoré ces deux factions donc c’est cool.

- Et niveau règles ? Quel jeu t’as le plus emballé ? Pourquoi ?

Je pense que tu ne seras pas tellement surpris si je te dis Eden. Si ?

Eden c’est le premier jeu (de figs, hein) non GW auquel j’ai joué, et ça m’a mis une claque. Quand tu es habitué à avoir besoin de 50 figs (qu’il faut peindre), une table de jeu qui occupe toute ta salle à manger et que tu sais jamais trop où ranger entre les parties, et une bonne après-midi tout compris pour te foutre sur la tronche avec tes potes, les jeux d’escarmouche ça fait tout drôle. Dans un sac à dos, tu peux mettre tout ce qu’il faut pour faire jouer 4 personnes, et sur le temps d’une partie de 40k t’en fais trois d’Eden, quoi. Tu joues trois figs, quatre figs, cinq figs, et le jeu est tactiquement super riche et intéressant, ça m’a scotché, en fait.

Après, Eden n’est pas le seul jeu du genre, je pourrais citer Alkemy, Fury et Kolaps que je pratique également, et il y en a probablement plein d’autres. Mais Eden a été le premier pour moi. Ça, son univers post-apo (j’aime le post-apo), et la communauté m’ont donné envie d’y jouer, de plus en plus. Et plus tu pratiques une règle, plus tu la maîtrises, donc plus le jeu est fluide et plus ça t’amuse. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai commencé à bidouiller des règles maisons, dont une partie a fini par donner naissance à Burn Out.


Les membres (radioactifs ?) du Convoi, une faction d'Eden. Figurines peintes évidemment par Minus !

- Tu as déjà, dans Eden Burn Out, un visage à ton effigie. Mais si tu devais t’incarner dans un héros d’un de nos jeux, lequel et pour quelle raison ?

Hmmm…. Bonne question ça. En vrai, je n’ai absolument pas l’âme d’un guerrier. D’ailleurs, en plus de ma tronche dans Burn Out, j’ai créé mon avatar dans Red Button’s Nation. Son historique décrit un personnage solitaire, dont les meilleurs amis sont des araignées. De façon générale, je trouve plus intéressant les personnages un peu complexes, un peu torturés. Les beaux paladins et les affreux méchants qui tuent pour le plaisir de tuer sont importants et font partie du tout mais ce ne sont pas ces archétypes que je préfère. Du coup, un perso auquel je pourrais m’identifier ? Je sais pas. En fait, je préférerais l’inventer je pense. C’est plus rigolo.

 
Un véhicule pour RBN, jeu post-apo dont Minus est un des auteurs aux côtés d'Esprit
Je vous laisse deviner qui a peint ce joli van...

- Je suis milliardaire et je te donne un gros paquet d’euros pour lancer un projet de jeu. Quel univers (livre, film, BD) adaptes-tu ? Quel est le premier artiste (sculpteur, dessinateur etc...) que tu engages ?

Je prends les sous et je me barre sur une île !

Waw, des univers cools, y en a plein. Après, depuis quelques années on en a pas mal qui se font adapter les uns après les autres en jeux de figs. Retour des Dieux, Alien, Star Wars, Seigneur des Anneaux, Starship Troopers et j’en passe. Parmi les univers évocateurs, je pourrais citer Blade Runner, Gunnm, Orbital, Underworld, la Stratégie Ender et puis le monument, Dune. Après comment adapter tout ça, c’est une autre affaire, notamment la Stratégie Ender qui se passe à différentes échelles, et Dune qui est d’une richesse incroyable mais assez peu centré sur les combats au final. Et je viens de repenser à tout le Cycle des Inhibiteurs d’Alastair Reynolds, qui est assez énorme et dont un des tomes, "la Cité du Gouffre", il me semble, se passe dans une ville en pleine pourriture technologique, et où les gangs et les tueurs à gage prolifèrent. Ça ferait un putain de jeu ça ! Et ça laisserait tout un tas de choses dans cet univers non exploitées qui seraient autant de possibilités pour plus tard.

Si je partais sur ce jeu, je contacterais en premier lieu l’auteur des bouquins. Et comme tu serais milliardaire et que lui est probablement déjà fan de moi, il accepterait. Du coup, derrière je ferais appel à des illustrateurs, je pense, parce que j’aime bosser avec des visuels. Qui ? Je ne sais pas, mais je dois dire que la plupart des gars qui ont bossé chez GW me viennent en tête, Karl Kopinski, John Blanche, Jes Goodwin, Adrian Smith… Niveau sculpteurs, je m’y connais assez peu en fait. Je connais plein de noms, mais je ne sais pas qui prendre pour un gros monstre, qui pour du véhicule, qui pour du sci-fi hyper propre, qui pour du barbare en slip.
Mais en tout cas si un jour t’es milliardaire, appelle-moi ! Héhé.





- Comment t’es-tu retrouvé embarqué dans l’aventure RBN ? Et dans celle de Eden Burn Out ?

Dans les deux cas, un peu comme ça, sans que ça soit prémédité. Red Button’s Nation, c’était un soir au club (de pitous hein). Je ne sais plus à quoi on venait de jouer, on remballait nos figs en papotant et Esprit pendant la conversation me dit « on va faire un jeu, un truc à la Mad Max, pour les conversions ça serait trop cool ». Moi j’ai dit ok. Et voilà. Après, on en a reparlé pour avoir une ligne directrice, et on s’est lancés. A ce moment-là, on faisait ça limite que pour nous deux, pour le fun. Un peu plus tard est arrivé LiXa, qui a donné au jeu une apparence présentable, transformant le fichier Word fonctionnel mais moche en beau pdf illustré. J’en profite d’ailleurs pour remercier encore les illustrateurs qui nous ont fourni des dessins, Ibi, Kaah et Fantomas (je te laisse mettre des liens, ils sont dans le livre de règles - Et voilà qui est fait ! Kaah : http://deadirishman.deviantart.com/, FB : Kaah Art, Ibi http://ibiland.blogspot.com/, Fantomas : FB: fantomArt), sans eux le livre ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui. Et puis petit à petit ça a intéressé des gens, au point que Forge Studio a contacté Esprit, qu’on a eu des articles dans Ravage, et que des gens qu’on ne connaît absolument pas y jouent un peu partout en France.
Pour Burn Out, l’idée est venue de moi en revanche. J’ai commencé à bricoler un peu les règles d’Eden pour jouer des parties plus facilement avec des joueurs occasionnels ou pour faire des initiations. L’idée c’était de jouer sans prise de tête en prenant un scénario, en se déployant et zou. Eden a un super système de missions asymétriques, mais qui demande un peu d’investissement pour connaître les missions, quand les jouer, contre quoi, tout ça. Alors j’ai écrit deux trois règles sur mon cahier et j’ai testé le truc, avec Esprit encore une fois, puis j’ai posté un rapport illustré sur mon blog. C’est arrivé sous le nez de Mohand (le créateur d’Eden) qui m’a contacté et ça a fini par donner un supplément officiel pour Eden qui devrait être disponible très prochainement (ndlr : le Kickstarter est effectivement fini et les participants devraient être livrés au début de l'année 2018. On en recausera ici vu que je fais partie des "backers").





- Quand tu travailles sur un jeu, ce qui compte le plus pour toi, ce sont les règles (qui doivent tourner toute seules) ? Le background, qui doit conditionner les règles ? Un mélange subtil entre les deux ? Et du coup, comment travailles-tu ? Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Aussi bien sur Eden que sur RBN, bien que les projets soient très différents, je cherche à me centrer sur la jouabilité. J’aime qu’une règle soit efficace, et qu’on puisse jouer à un jeu sans se palucher le bouquin de règle à chaque action qu’on entreprend. Sur RBN, Esprit avait trois idées par jour, mon rôle a été de le canaliser et de le faire garder ce qui marchait bien. Sur Eden, je m’incruste sur un jeu existant. Toute la base est posée, je m’appuie donc sur le système de règles, très efficace, pour modifier, ajouter ou retirer dès trucs. C’est assez simple à faire sur Eden sans tout faire partir en usine à gaz parce que le jeu est construit en couches, si je puis dire. On peut donc enlever des couches ou en insérer de nouvelles pour changer plus ou moins le jeu, sans jamais touchez au corpus de base. C’est très rigolo je trouve. 



- Qu’as-tu retiré de ces deux projets aussi bien humainement qu’en terme d’expérience ?

Ça m’a bien occupé, c’est le moins qu’on puisse dire. Et ça m’a permis de me changer les idées pendant quelques passages parfois compliqués ces dernières années. Sur le plan humain, c’est assez énorme, en fait. J’ai pu rencontrer des gens super cools comme Mohand, Julie et Bertrand de Happy Games Factory. J’ai eu l’occasion (en fait j’ai toujours l’occasion) de bosser avec Gregauryc, alors que lui et moi on se côtoie sur les forums depuis des années, on a souvent discuté en ligne et on partage plein de goûts sur le plan ludique, j’ai été super content quand il a fini par rejoindre le projet Burn Out.

Et puis il y a les trucs qui pour moi étaient inattendus, comme cette fois où je suis rentré dans ma boutique locale et deux joueurs sont venus me dire bonjour. Je me suis demandé d’où on se connaissait parce que leurs têtes ne me disaient absolument rien, mais en fait on ne s’était jamais rencontrés, ils m’avaient vu sur internet. Ou les bloggeurs qui veulent m’interviewer. Ça me fait toujours un peu drôle, mais ça fait super plaisir !

 
Un Askari pour Eden, figurine avec laquelle Minus a remporté le "Challenge de la Chocolatine" organisé ici-même.  Et c'est mérité, cette fig est superbe.


- Cela te donne envie de continuer à travailler sur d’autres projets ?

Carrément. Avec Esprit (encore et toujours) on a plein d’idées. Faudrait juste qu’on se concentre sur une, et qu’on bosse dessus avant de passer à la suivante. Le truc c’est que c’est chronophage, et tu ne sais jamais trop dans quoi tu t’embarques. En tout cas, on vient de finir un proto pour un petit jeu de plateau, et on en a un autre sur le feu. On est irrécupérables en fait !



- En 2018, tu comptes jouer à quel(s) jeu(x) ?

En 2018, je déménage, on change de région. Donc déjà, je compte jouer. Avec qui et à quoi, on verra. Haha.

Mais j’espère bien retrouver du joueur Eden quand même, j’ai envie de jouer avec ma boîte de Burn Out ! J’aimerais bien jouer plus à Alkemy aussi, le jeu est bon mais je n’y joue pas assez. Puis après y a tous les autres jeux, ceux que j’ai et ceux qui sortiront un jour…

 
Une figurine de Fury, toujours Minus au pinceau...

- Ton rêve ultime de « pousseur de pitoux »?

Ben, le rêve ultime de tout passionné c’est d’en vivre, je dirais. Bosser pour un truc qui te passionne, ça reste bosser, mais tu as une motivation supplémentaire. C’est loin d’être le cas et je doute que ça arrive un jour, cela dit si je regarde un peu en arrière je ne pense pas que j’aurais pensé il y a encore quelques années papoter avec des créateurs de jeux de figurines, avoir des mecs qui font des illustrations d’un truc que j’ai imaginé, être publié dans Ravage, ou avoir mon nom tout en haut d’une boîte de jeu. Donc c’est déjà pas mal !

Faut prendre les choses comme elles viennent, et j’ai déjà fait tellement plus que ce que j’espérais raisonnablement à la base, tout ça c’est que du bonus en fait !



- Et pour finir, chocolatine ou pain au chocolat ?

Pain au chocolat. Chez moi, on dit même « petits pains » souvent.

Je ne cautionne pas votre barbarisme. Sauvages. Je peux te refaire l’interview en ch’ti si tu veux, d’ailleurs. Mais tu risques de perdre un peu tes lecteurs !

Merci pour ton intérêt !



Merci à toi, Minus! Je vais rester sur le français pour la publication. Si je fais ça en ch'ti ou en "lou pitou" de chez moi du Sud-Ouest, c'est pas gagné ! Et longue vie à Eden Burn Out ;-) !


C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

samedi 2 décembre 2017

Ook ??

Salut à toi, compañero figuriniste !

Aujourd'hui, on parle bouquin...


Un billet un peu spécial, puisque point de figurine mais des bouquins comme annoncé au-dessus, d'où le titre et la présence ci-dessus de notre ami l’orang-outang bibliothécaire issu du fertile et génialissime cerveau du plus que regretté Sir Terry Pratchett. 
Mais avant ça, il y a quand même des règles à respecter... ASG et son planant Avalanche...



Commençons avec un gros bouquin dont vous avez peut-être déjà remarqué la couverture sur la barre droit du blog depuis un moment. Le Joukov de Jean Lopez est un pavé biographique d'environ 700 pages que j'achève tout juste. L'historien y retrace la vie et l’œuvre du (certainement) meilleur chef de l'Armée rouge durant la Seconde guerre mondiale mais aussi les arcanes sombres et tortueux du système stalinien et la situation bien particulière de cette immense territoire qu'était l'URSS. Au cours des pages, on suit le parcours de celui qui a brisé (bon, ok, pas seul, hein !) les Allemands sur le front de l'Est. Excellent stratège, chef impliqué, stalinien convaincu, la vie de Joukov se lit comme un roman. La plume de Lopez est alerte, incisive, le regard de l'historien affûté et même lorsqu'il aborde (fréquemment, c'est logique !) les aspects militaires, on ne s'ennuie pas. A noter des pages lumineuses où l'auteur nous transporte littéralement dans la plaine russe à l'automne 1941, aux côtés de Joukov lorsque les nazis sont aux portes de Moscou. L'historien rend parfaitement cette ambiance de "fin de monde", ces moments où tout peut basculer, la guerre aussi bien que l'Histoire même.



Et justement, à parlant de ces  moments où tout peut basculer, la guerre aussi bien que l'Histoire même (z'avez vu ça, si c'est pas de la transition !), je vous conseille de vous jeter sur le dernier hors-série de Guerres et Histoire consacré aux uchronies militaires. C'est passionnant, entre articles théoriques (au nombre de deux) et exemples appliqués (presque une vingtaine d'articles), il y a de quoi faire. Les auteurs s'évertuent à expliquer clairement ce qu'est une uchronie, quelles en sont les conditions, en quoi sont-elles "viables" ou non... avec des exemples comme "et si les Alliés n'avaient pas réussi le débarquement en Normandie ?" ou "et si Napoléon avait remporté Waterloo ?" ou encore (mon préféré) "Et si Hannibal s'était emparé de Rome après sa victoire à Cannes ?".
Bref, un mag très intéressant et, pour nous, pousseurs de petits bonhommes, une véritable mine de renseignements et d'idées pour ceux qui, motivés, voudraient mettre sur pied une campagne dans un jeu qu'elle qu'il soit, jouer à des jeux "d'histoire alternative" (steampunk, pulp...) ou simplement se lancer dans des campagnes "différentes" pour des jeux historiques (Bolt Action, SAGA, AdG...).


Pour finir, une BD ! Oui, mais pas n'importe laquelle. N'ayons pas peur des mots, ma série préféré depuis trèèèèès longtemps. Niveau BD, je suis bien servi et ma bibliothèque est pour le moins bien remplie. Elle déborde même. Servitude y tient une place particulière (la première...) tout comme dans mon cœur. Cette série est juste énormissime. Le cinquième tome vient de sortir, le sixième suivra pour clôturer la série.
Graphiquement, c'est beau en a pleurer. L'histoire est solide, les personnages principaux fouillés, etc... un must-have pour les amateurs de fantasy. D'autant plus que les auteurs ont fait l'effort d'ajouter aux dessins des cartes, plans, croquis, lettres, biographies des personnages, etc... qui nos immergent encore plus dans le monde de Servitude. Je ne sais pas si les créateurs sont rôlistes (ou pousseurs de pitoux) mais il y a là une base plus que solide pour créer un jeu.
Pour faire simple, le monde était dominé par des Puissances comme les Géants, Dragons et autres Anges. Ces êtres d'une puissance incommensurable ont plus ou moins disparus (oui mais comment ? ah ah mystère !). Mille ans plus tard, les Hommes ont pris leur place. Au Nord, les Fils de la Terre (en gros, des hommes blancs médiévaux arthuriens), descendants des Géants ont fondé un immense royaume. On s'intéresse à la destinée de ce royaume ce qui permet de découvrir, au fil de guerres et d'intrigues les autres peuples comme les Drekkars (mélange réussi bien qu'improbable entre Japonais médiévaux et Spartiates, descendants des Dragons) et les Iccrins (inspirés des Grecs anciens et des Italiens de la Renaissance, descendants des Anges) vivant reclus dans des cités en altitude, loin du reste du monde. Enfin, les Riddraks, esclaves noirs des Drekkars, originaires des déserts du Sud où vivent encore librement certains d'entre eux.
L'histoire met donc en scène ni plus ni moins que le destin de ce monde.





Si j'ai l'occase (et que ça vous a plu), je réitérerai à l'avenir ce genre d'articles. On est pas dans les figurines, certes, mais pas loin quand même.

Tiens, au passage, un petit point sur le blog. Le cap des 60 000 visites a été franchi cette semaine. Merci à vous tous qui passaient par là !

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

dimanche 19 novembre 2017

Affreux, sales et méchants

Salut à toi, compañero figuriniste !

Un nom tiré du Seigneur des Anneaux, Elric en couverture d'album, des chansons ayant pour sujet des thèmes tirés de la fantasy, un style "épique" venu tout droit des années 1980... Bref, Cirith Ungol, a little fire. Si ça c'est pas de l'ouverture musicale...




On a tous notre armée de cœur, nos héros favoris dans chacun des jeux que nous pratiquons. Personnellement, j'aime (j'adore ?) jouer mes Jomsvikings à SAGA, mes anars Nomads ou mes arriérés d'Aridana à Infinity ou des Barbares dans des jeux med-fan etc...
Mais derrière chaque Héros se cache un affreux ! Un méchant ! Un vilain ! C'est soit un faire-valoir insignifiant tout juste bon à se prendre un bastos ou un coup de hache dans la mouille ou un ennemi juré, un vrai méchant, pourri jusqu'à la moelle, l'ombre portée maudite du Héros. Que serait Gandalf et la communauté de l'Anneau sans Sauron ? Luke Skywalker sans Palpatine ? Dora sans Chi... euh non... pas Dora...

Je suis méchant ! Gnêk gnêk gnêk...
Bref, du méchant, y'en faut. Sans méchant, sans ennemi, sans opposition, pas de jeux et pas d'exploit du Héros. Aaah, il aurait l'air malin le Héros sans quelqu'un à martyriser, hein ! Il passerait sa journée à l'auberge ou à la Cantina de Chalmun à boire des bières. Il finirait avec un gros bide et incapable d'arpenter le moindre donjon ou la galaxie !
Du coup, je me suis attelé à une tâche ô combien ingrate mais nécessaire. Peindre du méchant ! J'avais commencé, sans les finir, plusieurs figs et je me suis mis un petit coup de pied motivateur au derrière pour les achever. On a donc au menu du monstre errant pour Frostgrave / du dungeon crawling / n'importe quel jeu med-fan et de l'Ork pour Space Hulk (histoire de varier et dégommer autre chose que du cafard).

Les trois immondes qui suivent sont issus d'un vieux jeu Dungeons & Dragons de chez Parker.

Souvenir, souvenir...

J'avais déjà passé mes pinceaux sur les goules, les fantômes (voir ici : http://hastalafigurinasiempre.blogspot.fr/search/label/AD%26D ) et les squelettes (faut que les prennent en photo ceux-là)... au tour donc d'un gobelours, un Ogre et un gros ver (le charognard rampant). Les figs ont rien d'exceptionnel mais elles sont rigolotes et feront le taf !

Un ver... vert. Ok, je sors...
Under the moooooooon ! Et c'est en prennt la photo que je me suis aperçu que je n'ai pas fait les ratiches du troll... bien joué, Ajax ><
Allez, revenez les gars, c'était pour rire !

Ensuite, du Space Hulk donc. J'ai déjà peint l'ensemble des Terminators Blood Angels, quelques Terminators Space Wolves et entamé les Tyranides. Allez, j'suis sympa, je vous remets quelques photos que vous avez peut-être déjà vu sur le blog...






Et comme ma fille a bien accroché au principe du jeu (comprendre dézinguer et cramer des vagues de Tyty), je me suis dis que ce serait aussi sympa de pouvoir aligner de l'Eldar (qui étaient jouables en V1 - ou V2 ?) voire d'autres factions quitte à bricoler quelques règles "maison". Et puis une grosse partie multijoueurs avec plusieurs bandes, ça peut aussi valoir son pesant de bolts.
Là, j'avais sous la main quelques Orks désœuvrés. Le patron avec son "téla-tépula" et un dingue du barbecue sont passés sur l'établi et rejoignent deux de leurs copains spécialistes dans "l'attendrissage" de viande à courte portée (oui, je sais, ils ont pas le même bleu. Mais bon, c'est des Orks, hein !).

Les "vieux" Orks bleus, spécialistes de la poutre rapprochée.


Le boss, tu te demandes juste comme il fait pour passer par les portes... à gauche, le Kramboyz.





C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

mardi 14 novembre 2017

L'auberge du coin-coin - la peinture

Salut à toi, compañero figuriniste !

Lent, lourd, poisseux... bienvenue chez Monolord qui vient de sortir sont nouvel album, Rust.


Voilà, l'ouverture musicale étant faite, on retrouve l'auberge du coin-coin vue dans le billet précédent.
J'ai donc peint la cahute. C'est pas du grand art mais une peinture rapide avec un rendu correct pour poser rapido le bâtiment sur la table de jeu, toujours dans l'esprit de ne pas me compliquer la vie... tuiles en rouge puis lavis noir, brossage en orange, mur, portes et poutres en différents marrons pour un effet bois. Les petits détails comme les coffres sont peints ensuite. J'applique un mélange de gris et de noir (en pigments) pour le sol, colle puis herbe statique. Il ne me reste que l'enseigne à finaliser. J'ai pas d'idée pour l'instant mais ça viendra... et je ferai un petit dessin à main levée. 
Allez, trois petites photos pour la voir in situ, notamment au milieu d'un village...




Comme je suis là et vous aussi, j'en profite pour vous montrer mon "entrée" au Concours d'Automne de chez Warmania ( http://www.warmaniaforum.com/topic/55940-concours-trimestriel-2017-concours-dautomne/?page=2&tab=comments#comment-495913 ). C'est une Drider. Elle vient de la gamme Bones de chez Reaper ( http://www.reapermini.com/OnlineStore/bones%20spider%20demon/a-z/77180#detail/IG_3597_1 ). De mémoire, il me semble que c'est Morikun qui me l'a donnée/échangée. Elle a dormi un bon moment dans mes cartons avant que je la ressorte pour ce concours vu qu'elle collait pile au thème. Et puis ça fera une créature maléfique de plus à aligner face à ce de courageux aventuriers pour Frostgrave par exemple. Elle pourra aussi servir de leader à une bande (vu que j'ai d'autres Elfes noirs en stock) car je trouve que sa position fait très magicienne...



C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

samedi 11 novembre 2017

L'auberge du coin-coin - Le montage

Salut à toi, compañero figuriniste !

Devine quoi ? On commence en musique. Étonnant, non ?
Textures est un groupe néerlandais qui a pondu un quintet de très très bons albums. Ils effectuent actuellement une tournée d'adieux. Dommage. Mais pas trop tard pour les découvrir.



On va rester - un peu - aux Pays-Bas. Mine de rien Noël approche. Et, dans à peu près n'importe quel magasin, fleurissent les décos pour la fiesta du gros bonhomme rouge et jovial. Ma chère et tendre a dégotté chez Action (chaîne de magasin "discount" néerlandais, tu vois on reste un peu dans le pays orange) des "maisons" en MDF. (Mode ma vie ON à la base pour en faire des maisons pour les Sylvanian Families de mes gamines, mode ma vie OFF). A 1 euros 90 pièce... Bon, lesdites baraques sont trop grosses, comme ça à première vue, pour nos pitoux en 28mm. Sauf que... en mesurant je me suis aperçu que l'une d'entre elles pouvait faire une bonne maison à étage, une auberge ou un commerce pour du mef-fan. Donc, au boulot pour une session décor !
Avec un peu de chance, il doit en rester pas loin de chez toi, cours-y vite, ô cher lecteur !


Les "maisons" en question. Toute l'exagération du Noël kitsch bientôt chez toi ! J'ai utilisé celle de gauche. Attention, lisez bien ce qui suit. La "maison" est faite pour représenter un stand d'un marché de Noël (oui, la dame vend du pinard chaud aux épices, le Père Noël de la gnôle et il finit par se vautrer comme une grosse otarie bourrée à la bière - référence inside - sur l'enseigne en haut...). Bref, cet espace ouvert devant devra être comblé par vos propres moyens pour "fermer" entièrement les cloisons. L'autre maison, dans un style "du Nord" façon Bruges ou Amsterdam ne possède qu'un étage ! La partie que j'ai entouré en noir est en fait... en papier ! Là aussi, attention. Pour avoir un second étage - au niveau des fenêtres - il faudra se la jouer à la Joseph (pour rester dans la thématique ne Noël) et faire ses propres menuiseries.


La façade de la maison (une quinzaine de centimètres). Pour la rendre "acceptable" pour du 28mm, il a fallu que je fasse deux trois adaptations en collant porte et fenêtres issues de la boîte à rabiots. J'ai aussi collé des poutres apparentes pour renforcer l'aspect médiéval et différencier les deux étages. Quelques éléments sont posés devant pour l'ambiance après rajout d'un "socle" (de la planchette très fine)... La fig est là pour vous donner une idée de la taille.

On voit ici que la profondeur du bâtiment n'est pas très importante (environ 7 centimètres). Les tuiles du toit sont réalisées avec du carton d'emballage coupé en bandes puis collé sur la structure.

Le tout m'a pris environ une heure à monter/coller. C'est assez sommaire mais l'idée est d'avoir un décor sympa sans dépenser une blinde et assez facile à réaliser. Cerise sur le gâteau, étant assez générique, il peut servir aussi bien à Fury, Dragon Rampant ou tout autre jeu med-fan.
Je pense que quelqu'un de motivé, un peu bricoleur (ou inventif) et ayant une boite à rabiots très bien fournie (c'est pas mon cas...) a la possibilité de réaliser trois ou quatre bâtiments et de les différencier. Par exemple en rajoutant une devanture au rez-de-chaussée ou en installent des ailes pour faire un moulin à vent... mer***, faut que je repasse à Action moi ><...
En gros un village avec un prix de départ à 6/8 euros... A noter que je n'ai pas donner de relief / structure au mur. Mais ça reste faisable si vous souhaitez un bâtiment beaucoup plus détaillé.

Le bazar est en train de sécher. La prochaine étape consistera à bomber l'ensemble (sûrement en noir) puis à le peindre. A priori murs gris pierre, tuiles rouges et les poutres en bois tout comme la porte. Rien d'exceptionnel mais un décor qui "fera le job" ! Et à voir si je ne rajouterai pas un bâtiment ou deux à l'avenir !

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

mercredi 25 octobre 2017

Bilbo dans le donjon

Salut à toi, compañero figuriniste !

Musique ?
Ouaaaaaais !
Lofofora, contre les murs. Plus de 20 ans de carrière, respect, les gars !



Et non, malgré le titre, pas Bilbo, pas de Hobbit, pas de Seigneur des Anneaux ou de vieux magicien à chapeau...
Bilbo, c'est le nom de la ville de Bilbao en basque. Véridique. Je viens de passer, en famille quelques jours dans cette partie de l'Espagne qui est absolument superbe. Allez-y. La côte est boisée, sauvage, avec des falaises et des paysages qui te ramène toi, petit homme, à un peu de modestie face à Dame Nature... On est passé par la ville - de surf - de Mundaka qui possède une vague superbe, une "gauche" (quand t'es dans l'eau, la vague part direction main gauche) qui déferle très longtemps, pile à l'embouche du rio du même nom. Ce jour-là, les conditions étaient assez bonnes (1 mètres 50 à 2 mètres, vent de terre, marée montante) et certains surfers avaient un sacré niveau.
EDIT : tu m'étonnes qu'il y avait du niveau, vu les gars à l'eau -> https://vimeo.com/239718564
On est aussi passé par Gernika (Guernica) que j'espère ne pas avoir à vous présenter... comme dans à peu prés toutes les villes du coin, des drapeaux basques au balcon et... des drapeaux catalans On se demande bien pourquoi, tiens ! On s'est aussi fait une randonnée à San Juan de Gaztelugatxe. C'est une église assez improbable, dédiée aux marins, perchée en haut d'une presqu'île. Le genre de paysage qui te donne envie de te faire une table de fous furieux pour SAGA (on se refait pas !) pour une partie où des moines et quelques paysans défendent l'escalier, seul accès, contre une horde de Vikings... comme quoi, les pitoux sont jamais loin ! Je mets deux photos, ça peut donner des idées d'inspiration à certains.

La visite se mérite. Une grosse demi-heure de marche avec une bonne pente... et pour finir l'escalier et ses 240 marches ! Arrivés de "bon" matin (c'est-à-dire 10 heures pour l'Espagne), on a profité du lieu sans presque personne.




Bon... et bien, c'est parti pour l'escalier...

En plus, au Pays Basque, on mange super bien, notamment les fameux pinxtos, les tapas quoi (et gras... certes. Mais le gras, c'est la vie, non ?).



Allez, retour aux pitoux. Direction les tréfonds d'un donjon avec trois nouveaux aventuriers med-fan. Enfin, on devrait dire aventurières, vu qu'il y a deux demoiselles/dames parmi les trois. Les figs féminines sont, de nouveau et sans surprise, pour mes gamines, histoire d'agrandir leur collection et pourvoir jouer à l'occasion à des jeux comme Frostgrave, Ghost Archipelago (bientôt), Open Combat etc... ce sont elles qui ont choisi les schémas de couleurs. Le guerrier est pour ma pomme.
On a dans l'ordre et avec des photos moches (pas réussi à faire mieux...), une scribe/magicienne humaine, une magicienne/druide halfling (naine ?) et un (vieux) guerrier humain. Les dames viennent de chez Reaper et le guerrier de chez Otherworld.

Les aventuriers progressent dans un sombre donjon...









Borgne et vieillissant. Un vrai vétéran !
C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !

dimanche 15 octobre 2017

La minute recyclage : Open Combat

Salut à toi, compañero figuriniste !

On ouvre en musique, Corrosion Of Confirmity, King of the rotten en live. 
Juste du bonheur...


Allez, c'est parti pour une petite chronique...



Aujourd’hui, présentation d’une nouvelle règle, Open Combat. Encore une nouvelle règle, me direz-vous… et bien oui ! Pourquoi enchaîneriez-vous ? Il faut savoir qu’à la maison, j’ai la relève qui piaffe d’impatience assez régulièrement pour jouer aux figurines ou pour que je peigne de nouveaux pitoux, immédiatement kidnappés pour finir non plus sur MES étagères mais sur celles de mes filles. Donc, je cherchais une règle simple ET qui me permette une grande lattitude pour utiliser le maximum de figurines et de décors med-fan. Je joue bien à Frostgrave mais faut reconnaître que l’univers (que j’aime beaucoup) est restreint niveau histoire. Difficile de sortir de la cité gelée et du duel de magiciens… En surfant sur les sites/forums/blogs de nos amis Grands-Britons, je suis tombé sur cette règle sortie l’an dernier chez Second Thunder. Et ma curiosité fut titillée...

Open Combat, rules for fighting miniature battles, est, comme son nom l’indique, une règle générique prévue pour de l’escarmouche, plutôt avec des figs de 28mm, dans des univers « pré-poudre noire ». Comprendre, en gros, de Croc-Magnon à la fin du Moyen Age pour de l’histo et pour à peu près n’importe quel univers med-fan. Elle est l’œuvre de Carl Brown, secondé par inénarrable Gavin Thorpe (non, ne fuyez pas !) qui aura laissé un impérissable souvenir aux joueurs de 40K et Battle lors de son looooooong passage chez GW. Et je ne parle pas que de sa légendaire coupe de cheveux !
Les parties sont prévues pour être jouées sur une surface de 24 pouces sur 24 (60 cm sur 60 cm), avec deux bandes de 3 à 12 figurines et n’utilise que 3 dés à six faces. Un affrontement durera en moyenne entre une demi-heure et une heure.

Un exemple d'opposition tirée d'une photo du bouquin, Romains contre Germains
Le livre possède une couverture cartonnée épaisse et rigide, compte 100 pages toutes en couleurs et papier glacé de très bonne qualité. A l’intérieur, on trouve une belle présentation, avec beaucoup de photos en couleurs de figs en action et des décors, ainsi que quelques schémas et autres tableaux explicatifs et récapitulatif. Bref, du bon boulot. L'ouvrage se découpe en environ 35 pages de règles dont quelques règles optionnelles, une quinzaine de pages de scénario, une autre quinzaine de pages pour gérer une campagne et, enfin, les appendices sur une vingtaine de pages (exemples de bandes, FAQ, feuilles de références et de bande...).
Voyons un peu tout cela en détail.

Les règles.

Soyons clairs d’entrée, rien d’ultra innovant dans les règles. On est sur des bases connues.
Une figurine possède 5 caractéristiques :
- Speed : représente aussi bien l’agilité, la dextérité que le déplacement.
- Attack : la valeur de la figurine quand elle attaque (tir ou corps-à-corps).
- Defence : la valeur de la figurine quand elle se défend (tir ou corps-à-corps).
- Fortitude : force, résistance, santé sont représentées par cette caractéristique.
- Mind : la caractéristique qui reflète les aptitudes mentales, la discipline, la volonté.
En général, ces valeurs varient de 1 à 5, certains chefs et autres héros pouvant atteindre des 7 ou des 8.

Le tour est alterné. Le joueur A fait agir ses figurines, quand il a fini ou loupe une action (c’est assez rare, faut faire « 1 » sur un dé en sachant qu’on peut en jeter de un à trois), il passe la main au copain d’en face, etc. Chaque figurine dispose de deux actions où elle peut bouger, attaquer, interagir avec son environnement (pratique pour ouvrir des portes, pousser un obstacle sur le chemin de l’adversaire, manger un morceau…), se reposer (récupérer un point de Fortitude en général) et se relever. Certaines actions coûtent deux points.
Les déplacements sont classiques. En gros, une figurine bouge de sa valeur de Speed (vitesse) en pouces en tenant éventuellement compte des obstacles et du terrain. Elle peut être amenée à se retrouver au corps-à-corps contre un ennemi. Une figurine peut tenter de se dégager d’un combat mais son adversaire a droit à une attaque gratuite.

Tir et combat suivent, grosso modo, la même procédure. On compare la valeur d’attaque (Attack) de l’attaquant et la valeur de défense (Defence) de l’attaqué. On applique d’éventuelles modifications comme le couvert pour le tir, une position surélevée pour un corps-à-corps etc.
Et là, trois cas de figure (un peu « à la Blood Bowl ») :
- La valeur est égale ou inférieure à la défense, l’attaquant jette un dé.
- La valeur est supérieure ou fait le double de la défense, l’attaquant jette deux dés.
- La valeur est strictement supérieure au double de la défense, l’attaquant jette trois dés.
L’attaquant conserve le dé qu’il souhaite et applique les effets.
- 1 : gros ratage… changement de main !
- 2 : raté.
- 3 et 4 : recul ! Le défenseur recule d’un pas.
- 5 : petite touche, le défenseur perd 1 point de Fortitude.
- 6 : grosse touche, le défenseur perd 1 point de Fortitude et recule d’un pas.

A noter qu’au corps-à-corps, si on sélectionne un 5 ou un 6 comme résultat, on peut rajouter une touche si un deuxième (ou un troisième) dé a réussi une touche. Ainsi, sur une attaque, une figurine peut infliger jusqu’à trois blessures (et donc une mort instantanée à un adversaire ne possédant que trois points de Fortitude). Une figurine qui n’a plus de point de Fortitude est retirée du jeu.
Le système est simple et rapide. On comprend aussi l’intérêt pour une figurine d’avoir au moins une bonne compétence pour espérer lancer deux dés (voire trois) assez régulièrement. Ainsi, pour un personnage orienté tireur (au hasard, un archer...), les plus fortes valeurs seront la vitesse (Speed) et l’Attaque (Attack). Les joueurs vont devoir aussi faire attention à la manière dont ils font agir leurs soldats et hiérarchiser leurs actions. Lancer un seul dé revient à risquer de perdre la main. Certes, le rapport est de 1 pour 6 (sans compter les relances, voir plus bas)… mais bon, on a tous connu des parties se jouant presque sur ce genre de jets de dés...


Les bandes.

Ah! Le moment que tout le monde attend ! Créer sa bande!
Là encore, rien d’exceptionnel mais un système pas mal pensé, assez simple. Le joueur dispose de Points de Renommée (Renown), en général 150. Ces points vont lui permettre de créer les profils de chaque membre de sa bande.
Prenons un exemple concert. 

Ajax décide de créer une bande de Barbares venus du Nord (Qui a dit « surprenant... » ?). Il commence par choisir un chef, le Leader.



 Tant qu’il est sur le champ de bataille, le Leader donne accès à trois relances à sa bande (genre, quand tu fais un « 1 » au pire moment… spéciale cace-dédi à GiLel). Ensuite, on crée son profil. Sa vitesse sera de 4 (soit 10 cm), comme c’est quand même le patron, il doit taper fort, va pour un 8 en attaque (oui, il cogne vraiment fort). Il n’est pas manchot en défense, hop 6. C’est un grand costaud et résistant, 7 en Fortitude. Par contre, on ne peut pas dire que ce soit une lumière mais c'est quand même lui qui commande… 3 en Mind. On a donc un total de 4+8+6+7+3 = 28. Maintenant, équipons-le, car pour l’instant, il est en slip (certes, de fourrure le slip, mais en slip quand même) ! Il faut lui acheter des armes. Va pour une épée à deux mains (un point). On atteint un total de 30. On peut ensuite lui donner des aptitudes ou compétences spéciales. Là aussi, pour un point. Un petit Furious assault colle bien au personnage tout comme Intimitade. Au corps-à-corps, le personnage double sa valeur d’attaque (qui du coup passe à 12 ! Beeeuuuaaaaaarhh !) mais une cible survivante peut effectuer une attaque gratuite à son encontre (si elle n’a pas été repoussée ou tuée… cas rare vu qu’il devrait souvent lancer trois dés). De plus, grâce à Intimitade, les ennemis trop proche auront la pétoche (perte de points de Mind).
Le personnage est créé, il a coûté 31 points.

Deux exemples de personnages fantastiques, un guerrier (bien bourrin) et un prêtre...
On recommence jusqu’à épuisement des 150 points (ou 100, ou 200…) et constitution de la bande.
A noter que tous les équipement coûtent un point. Certaines armes offrent des avantages (les lances permettent d’attaquer une figurine jusqu’à 1 pas par exemple). Il n’y a pas d’armure. Bon, ce point m’a surpris… seuls les boucliers offrent un surcroît de protection. Cela dit, les joueurs n’auront pas de mal à inclure ce genre d’équipements comme suit :
- armure légère : 1 point, +1 en défense.
- armure lourde : 1 point, +2 en défense, une par bande.

Pour finir ce chapitre création, parlons du point de rupture (Break Point ). Pour faire simple, c’est le moral de la bande. On ajoute l’ensemble des valeurs de Fortitude et de Mind des membres de l’équipe et on divise par deux. Le total correspond au Break Point. Si un des joueurs perd le nombre de points de Fortitude et de Mind correspondant au cours de la partie (quand les soldats sont blessés), sa bande a perdu.
Une bande de 135 points : un shaman (magicien de bataille) mène une troupe de loups géants. Le magicien possède une vitesse de 4, 5 en attaque, 6 en défense, 6 en force et 6 en esprit (total de 30). Il est armé d'un dague et possède un sort d'attaque (Tir) et la compétence Marksman (permet de considérer les 1 au tir comme des deux, considérant que le sort d'attaque se gère comme un tir...) . Les loups ont une vitesse de 6, 4 en attaque, 3 en défense, 5 en force et 2 en esprit. De plus chacun reçoit l'équivalent d'une arme à une main pour simuler leur morsure soit 105 points au total. Le point de rupture de la bande sera de 24 (31 de force / 16 en esprit = 47, divisé par deux, on arrive à 24 arrondi au supérieur).

Une extension est prévue pour gérer la cavalerie et les gros monstres. Mais, en gros, le bouquin de base donne quelques conseils pour les traiter en terme de jeu. Je conseille toutefois de faire payer les montures (2 points).
Pareil pour la magie qui fera l’objet d’un futur bouquin. Là aussi, elle peut être traiter assez simplement par des joueurs avec un peu d’expérience. Par exemple, le magicien peut effectuer une attaque à distance comme un tir mais la valeur prise en compte n’est pas son attaque mais son Mind. Il peut aussi lancer des sorts issu des aptitudes et compétences. Par exemple, sur un résultat de 4+, le sort est lancé.

Une bande de ruffians menée par un magicien de bataille.
Pour finir cette partie consacrée aux règles, les auteurs s’attardent sur la gestion des décors (les classiques terrains difficiles, infranchissables, couverts et autres bâtiments) notamment au travers de 6 exemples de "tables" illustrés avec des dessins simple mais sympas. J’ai bien aimé le coup du hazard. Les terrains peuvent contenir des dangers et, ainsi, ralentir ou blesser les personnages y entrant. Ainsi, une forêt peut « accueillir » un essaim de frelons pas forcément très heureux de voir un aventurier radiner sa ganache dans le coin… le joueur lance un dé, sur un « 1 », PAN, attaque de frelons, moins un point de Fortitude. Et oui, quand frelons fâchés, eux toujours faire ainsi (comprenne la référence qui pourra…).

Les scénario (scénarii?).

Ils sont au nombre de 5. Ils sont tous très détaillés, plans à l’appui et règles spéciales incluses si nécessaire.
Rapidement :
- Open Combat : de la bonne vieille poutre des familles. Trois modes de déploiement. Il faut éliminer la bande adverse (en atteignant le Break Point, voir plus haut).
- Retrive the prize : un objet (trésor) est éparpillé en morceaux sur la table. Les joueurs doivent récupérer les morceaux et sortir de la table. L’équipe ayant le plus de morceaux a gagné. A lui seul, ce scénario prend cinq pages d’explications avec des variantes.
- Capture : les deux bandes doivent attraper des objectifs mouvants (bétail, squiggs, jeunes éphèbes, princesses affolées ou écureuils psychopathes…).
- The arrest : une bande doit essayer d’arrêter le Leader adverse qui débute au centre de la table. Ce dernier évidemment tente de fuir…
- Escort duty : une bande tente de sortir de la table en transportant un « bien précieux » (relique, objet magique, trésor…).


Le système de campagne.

Couvrant une quinzaine de pages, il conseille de fixer un objectif commun à atteindre par les différentes bandes (par exemple atteindre une valeur de 300 points en recrutant d’autres membres). Cela permet de prendre en compte la réputation de la bande. Au cours de la campagne (quel que soit l’objectif final), chaque membre de la bande peut gagner de l’expérience, être gravement blessé ou tué, le Leader peut mourir et être remplacé, les joueurs ont la possibilité d’engager des mercenaires (deux pages de profils sont fournies), etc.
D’autres conseils sont fournis pour gérer la campagne : fil narratif, séquences pré- et d’après bataille...


Open Combat permet aussi de jouer des bandes historiques, comme des Vikings, y compris durant une campagne.

Les autres appendices.

On trouve d’abord trois pages entières de profils historiques et/ou fantastiques : fantassins, barbares, nains, orcs… avec des suggestions pour le gameplay de certains.
Trois autres pages proposent des bandes « clés en main » : patrouille de soldats, tribu barbare, cultistes, un sorcier et ses zombies, une horde de monstres, une bande de héros et un groupe de guerriers.
La suite du bouquin est consacrée à des règles optionnelles, à un FAQ, et enfin, last but not least, les si pratiques feuilles de références : compilation des règles, gestion de campagne, feuille de bande, fiche de personnage, fiche de mercenaires.

Conclusion.

Et voilà pour ce survol de présentation. Je ne suis pas systématiquement entré dans les détails. Alors, au final, que penser d’Open Combat ? Ceux qui cherchent une règle avec une mécanique originale ou avec un background en béton armé peuvent passer leur chemin. Il faut être honnête, la règle ne révolutionnera pas notre petit milieu. On est sur de la valeur sûre, du classique bien huilé qui tourne presque tout seul. Il faut voir cet Open Combat comme une grosse boîte à outil (un peu comme Dragon Rampant pour de la grosse escarmouche med-fan), simple à comprendre et à utiliser pour un joueur un peu expérimenté (et maîtrisant pas trop mal l’anglais). Elle paraît aussi simple à jouer. Personnellement, je pense avoir trouvé (à peu près) ce que je cherchais. La règle doit permettre de pousser du pitoux avec mes enfants en l’adaptant à un monde med-fan assez générique (les Elfes sont en collant, les Nains rancuniers, etc...) pour y faire entrer à peu près toutes les références (figurines et décors) que je possède. Elle me permet aussi de développer une campagne façon "JdR" avec des persos qui vont évoluer et des scénarios faits maison...

Si j'ai l'occase, je tenterai de faire un petit rapport de bataille pour détailler un peu tout ça !

C'est tout (et c'est déjà pas mal !) pour aujourd'hui !
Hasta siempre, Compañeros !